La Police fédérale a rendu publique aujourd’hui son enquête sur l’accident du vol 2283 de Voepass, qui a fait 62 morts en août 2024. Un ATR 72-500 s’était écrasé à Vinhedo, dans l’intérieur de l’État de São Paulo.
L’appareil a perdu de l’altitude après une perte de puissance et un décrochage. D’après l’enquête du CENIPA, celui-ci est survenu à la suite d’une formation de glace et de plusieurs alertes ignorées par l’équipage, dans un contexte de culture de sécurité totalement défaillante au sein de la compagnie Voepass.
Vol 2283 de Voepass : les pilotes des vols précédents mis en cause
Les pilotes Luciano Alves de Macedo et Édson Serra Martins, qui avaient assuré les vols précédents, ont été mis en cause pour avoir ignoré les alertes et ne pas avoir signalé les problèmes du système antigivrage. Ils avaient tous deux piloté le même appareil, immatriculé PS-VPB, en qualité de copilote, ou commandant en second, et de commandant de bord.
Luciano a été mis en cause pour atteinte à la sécurité du transport aérien et pour la forme aggravée de cette infraction, liée à la destruction ou à la chute de l’appareil ayant entraîné des décès, parce qu’il n’avait pas signalé les pannes survenues lors du vol précédent. Édson est, lui, mis en cause pour fausse déclaration : il avait inscrit « rien à déclarer » dans le carnet de bord du PS-VPB pour les vols ayant précédé le vol 2283.
Dirigeants et employés de Voepass également mis en cause
Le propriétaire de Voepass, José Luis Felicio, figure aussi parmi les personnes mises en cause, tout comme le directeur des opérations Marcel Sarquis Moura, le directeur de la maintenance Eric Cônsoli, le directeur de la sécurité des opérations David da Costa Faria Neto, l’inspecteur en chef Tiago Passucci Morani et les pilotes en chef de l’époque, Raphael Limongi de Figueiredo et Rafael Gimenez Rodrigues.
Les agents d’opérations aériennes Oderlino de Campos Figueiredo, John Major Viana et Marcos Hiroyuki Sato ont également été mis en cause. Le mécanicien Alex de Souza Leandro, chargé des contrôles quotidiens, l’a lui aussi été pour atteinte à la sécurité du transport aérien, faute d’avoir signalé les problèmes techniques de l’ATR 72 le jour du vol.
D’autres salariés et anciens salariés de Voepass sont concernés : William Schmidt Agatz, Juliano Flores Pacheco et Carlos Alberto Costa. L’atteinte à la sécurité du transport aérien est passible d’une peine allant de 8 à 24 ans.
Le rôle de l’ANAC examiné
Les pilotes du vol 2283, Danilo et Humberto, n’ont pas été mis en cause, l’action publique étant éteinte du fait de leur décès dans l’accident. La Police fédérale n’a pas cité leurs noms lors de sa présentation. Aucun agent de l’ANAC n’a été mis en cause non plus : selon la PF, il n’existe pas de lien de causalité direct avec l’accident. Une éventuelle omission de l’agence n’aurait pas provoqué l’accident lui-même, mais aurait contribué au maintien de la mauvaise culture de sécurité de Voepass, s’ajoutant à d’autres facteurs ayant entraîné la chute de l’appareil.
Selon la PF, une éventuelle faute administrative de l’ANAC, liée à une omission alléguée, devra faire l’objet d’une enquête du ministère public fédéral. Celui-ci pourra s’appuyer sur le rapport de police pour ouvrir une enquête, mais pas sur le document produit par le CENIPA.
ARTICLE EN COURS D’ACTUALISATION






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier!
Laisser un commentaire