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À Éphèse, deux bébés prématurés peut-être jumeaux découverts dans une ancienne latrine

Fouille archéologique montrant deux squelettes d’enfants dans une tombe avec des objets anciens enterrés.
Dans cet article
  1. Où les deux bébés ont-ils été découverts à Éphèse ?
  2. Pourquoi les chercheurs pensent-ils qu’il s’agissait de jumeaux ?
  3. Quelle anomalie présentait l’un des squelettes ?
  4. Pourquoi les bébés ont-ils été enterrés dans des latrines ?
  5. Une tombe qui témoigne d’une attention malgré la perte

Deux minuscules squelettes ont reposé côte à côte pendant près de 1 200 ans dans une sépulture de pierre, dissimulée à un endroit inattendu : le canal désaffecté d’anciennes latrines à Éphèse, en Turquie. Les nourrissons pourraient avoir été des jumeaux prématurés. L’un d’eux présentait en outre une particularité encore plus rare : une côte supplémentaire.

Où les deux bébés ont-ils été découverts à Éphèse ?

La sépulture se trouvait près de l’espace sacré du temple d’Artémis, l’une des Sept Merveilles du monde antique. Elle avait été aménagée dans les anciennes latrines d’un odéon romain, un édifice consacré aux représentations musicales. Le lieu avait cessé de remplir sa fonction initiale plusieurs siècles avant d’accueillir les corps.

Pour Lilli Zabrana, archéologue à l’Académie autrichienne des sciences, cet emplacement est exceptionnel. Les autres sépultures connues à Éphèse étaient regroupées dans des cimetières situés hors du secteur du temple. Ici, les bébés avaient été déposés avec soin dans une petite ciste revêtue de pierres.

Pourquoi les chercheurs pensent-ils qu’il s’agissait de jumeaux ?

L’étude publiée dans la revue Childhood in the Past estime que les bébés sont nés entre la 33e et la 34e semaine de grossesse. Cette estimation repose surtout sur la taille et le développement de leurs os, qui correspondent à ceux d’enfants prématurés décédés autour de la naissance.

Caroline Partiot, bioarchéologue à l’Académie autrichienne des sciences, précise que les squelettes présentaient des âges très proches et avaient été ensevelis au contact l’un de l’autre. Ces éléments étayent l’hypothèse de jumeaux, mais de futures analyses d’ADN seront nécessaires pour établir l’existence d’un lien biologique.

Quelle anomalie présentait l’un des squelettes ?

L’équipe a repéré chez l’un des bébés une côte cervicale surnuméraire, un petit os supplémentaire formé dans la région du cou. Cette variation ne concerne qu’une faible partie de la population et reste souvent sans symptôme chez l’adulte. Chez les nourrissons, elle peut toutefois être associée à des modifications survenues pendant le développement embryonnaire.

  • Les squelettes étaient ceux de bébés prématurés ;
  • Les corps avaient été déposés côte à côte ;
  • L’un des nourrissons possédait une côte cervicale supplémentaire ;
  • Aucun signe évident de traumatisme n’a été observé ;
  • Une analyse génétique sera nécessaire pour confirmer leur parenté.

Caroline Partiot rapproche cette particularité des recherches sur les modifications des gènes Hox, qui orientent la formation des différentes parties du corps. Des études antérieures ont mis en évidence des liens entre les côtes cervicales, la prématurité et d’autres complications. D’après les auteurs, aucun cas comparable concernant de possibles jumeaux n’avait encore été recensé en archéologie.

Pourquoi les bébés ont-ils été enterrés dans des latrines ?

Les chercheurs avancent que les nourrissons sont peut-être morts avant d’avoir été baptisés, ce qui aurait pu rendre leur inhumation difficile dans un cimetière chrétien officiel. Le choix du canal abandonné aurait alors constitué un compromis entre les règles religieuses de l’époque, les usages locaux et la volonté de la famille d’assurer une certaine protection aux corps.

Cette explication demeure néanmoins hypothétique. Aucun reste de la mère n’a été découvert à proximité, et les archéologues ignorent si elle a survécu à l’accouchement. La mortalité maternelle et infantile était élevée à l’époque byzantine, mais la tombe ne suffit pas, à elle seule, à reconstituer entièrement le drame traversé par cette famille.

Une tombe qui témoigne d’une attention malgré la perte

La structure revêtue de pierres a conservé les squelettes pendant plus d’un millénaire et montre que les corps n’ont pas simplement été abandonnés. Lilli Zabrana souligne que l’agencement de la sépulture témoigne d’une inhumation respectueuse. Malgré leur passage extrêmement bref au sein de la communauté, les deux bébés ont bénéficié d’un espace qui leur était propre et qui les protégeait.

Ces os fragiles constituent un rare témoignage sur l’enfance, le deuil et la religion dans le monde byzantin. Des analyses génétiques et de nouvelles études pourraient désormais préciser le lien entre les bébés ainsi que leur état physique. Préserver cette tombe revient à protéger une histoire humaine qui a failli disparaître sous les ruines d’Éphèse.

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Clément Vial

Guide accompagnateur et passionné de sports de pleine nature, Clément Vial explore depuis plus de dix ans les sentiers, falaises et parcours aquatiques de l’Ouest lyonnais. Il partage son expertise de l’aventure autour de Lyon : randonnée, VTT, escalade, trail et découvertes familiales, avec une attention particulière à la sécurité et au respect des espaces naturels.

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