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À Kani Shaie, un bâtiment de 5 000 ans éclaire les liens avec Uruk

Archéologue fouillant un site ancien avec des objets et une statue sur une table proche dans un désert.
Dans cet article
  1. Le bâtiment de Kani Shaie accueillait-il des cérémonies religieuses ?
  2. Kani Shaie entretenait des liens avec le monde d’Uruk
  3. Quels objets soulignent l’importance de la découverte ?
  4. Uruk a transformé les villes, l’écriture et l’administration
  5. La découverte invite à revoir l’histoire des premières villes

Au pied des monts Zagros, un bâtiment érigé il y a environ 5 000 ans pourrait modifier l’histoire des premières villes. Découverte à Kani Shaie, dans le nord de l’Irak, cette construction monumentale livre des indices de culte, d’administration et de richesse. Elle révèle que des communautés éloignées d’Uruk prenaient part à un vaste réseau politique et culturel.

Le bâtiment de Kani Shaie accueillait-il des cérémonies religieuses ?

La structure a été repérée en 2025, lors d’une campagne archéologique menée sur la partie la plus haute du site de Kani Shaie, dans la province de Sulaymaniyah. D’après l’université de Coimbra, son architecture et son emplacement dominant suggèrent que l’édifice avait un caractère officiel, public ou cérémoniel.

Les archéologues André Tomé, Maria da Conceição Lopes et Steve Renette précisent que son éventuelle fonction religieuse reste à l’étude. Si son caractère monumental est confirmé, la découverte pourrait changer la manière de comprendre les relations d’Uruk avec des communautés situées à plusieurs centaines de kilomètres au nord.

Kani Shaie entretenait des liens avec le monde d’Uruk

Le bâtiment remonte à une période comprise entre 3300 et 3100 av. J.-C., à la fin de la période d’Uruk, marquée par l’expansion des villes et le renforcement des institutions. Bien que Kani Shaie se trouve à près de 480 kilomètres de la métropole, les objets mis au jour montrent que cet établissement montagnard n’était pas isolé.

Depuis 2013, les recherches archéologiques sur le site ont révélé des occupations datées d’environ 6500 à 2500 av. J.-C. Pour l’équipe de l’université de Coimbra, Kani Shaie compte parmi les sites les plus importants à l’est du Tigre pour étudier la continuité de la présence humaine et les transformations survenues au début de l’âge du bronze.

Quels objets soulignent l’importance de la découverte ?

Outre les murs monumentaux, les fouilles ont mis au jour des pièces liées à l’administration, à la décoration et à l’affichage du prestige. Réunis, ces vestiges témoignent d’une société organisée, capable de gérer des ressources, d’entretenir des contacts à longue distance et d’investir dans des constructions à forte portée collective.

  • Des sceaux-cylindres servant à authentifier des biens et des opérations administratives ;
  • Des fragments d’un pendentif en or associé à l’ostentation de richesse ;
  • Des cônes muraux utilisés pour former des mosaïques géométriques ;
  • Une architecture monumentale liée à des activités publiques ou cérémonielles.

Le Metropolitan Museum of Art explique que les sceaux-cylindres étaient roulés sur de l’argile afin d’y imprimer des images servant de marques d’identité et d’autorité. Quant aux cônes décoratifs, connus dans les édifices importants d’Uruk, ils appuient l’hypothèse d’une fonction particulière du bâtiment.

Uruk a transformé les villes, l’écriture et l’administration

Uruk, aujourd’hui Warka, dans le sud de l’Irak, est considérée comme l’une des premières grandes métropoles de l’histoire. Selon une estimation de l’archéologue Hans Nissen, elle aurait atteint environ 400 hectares et pu accueillir jusqu’à 80 000 habitants, dans des espaces résidentiels, administratifs et religieux organisés.

Cette période a également vu se développer l’écriture protocunéiforme et des systèmes numériques employés pour contrôler les produits agricoles. Une tablette de la fin de la période d’Uruk conservée au British Museum consigne ainsi des quantités de bière : elle montre comment l’écriture, la comptabilité et le gouvernement se sont développés ensemble en Mésopotamie.

La découverte invite à revoir l’histoire des premières villes

Kani Shaie montre que la vie urbaine n’est pas née uniquement à l’intérieur des grandes villes du sud. Des idées religieuses, des techniques administratives et des symboles de pouvoir ont circulé sur de longues distances, atteignant des communautés qui les adaptaient aussi à leurs besoins et à leurs traditions locales.

Les prochaines fouilles seront déterminantes pour établir si le bâtiment a réellement servi de temple. Il est désormais urgent de préserver et d’étudier chaque mur, sceau et fragment, car ces traces pourraient révéler comment des réseaux de coopération, de foi et d’autorité ont contribué à poser les bases de la civilisation urbaine.

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Clément Vial

Guide accompagnateur et passionné de sports de pleine nature, Clément Vial explore depuis plus de dix ans les sentiers, falaises et parcours aquatiques de l’Ouest lyonnais. Il partage son expertise de l’aventure autour de Lyon : randonnée, VTT, escalade, trail et découvertes familiales, avec une attention particulière à la sécurité et au respect des espaces naturels.

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