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Stonehenge : un possible prototype découvert près de Bulford

Un archéologue fouille un site autour de Stonehenge au lever du soleil avec un plan coloré au sol.
Dans cet article
  1. Qu’ont découvert les archéologues près de Stonehenge ?
  2. Comment les poteaux suivaient-ils les solstices ?
  3. Le site pouvait-il aussi accueillir des cérémonies ?
  4. Bulford peut-il vraiment être un prototype de Stonehenge ?
  5. Que change cette découverte pour Stonehenge ?

Cinq siècles avant l’érection des célèbres pierres de Stonehenge, des communautés observaient déjà le ciel à quelques kilomètres de là. À Bulford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, des archéologues ont mis au jour les traces de deux grands poteaux en bois alignés sur les solstices. Cette découverte pourrait révéler un prototype de Stonehenge lui-même.

Qu’ont découvert les archéologues près de Stonehenge ?

L’équipe de Wessex Archaeology a repéré deux anciens trous dans lesquels de grands poteaux en bois auraient été dressés il y a environ 5 000 ans. Distants d’environ 120 mètres, ils formaient un axe près du village de Bulford, à quelques kilomètres à l’est de Stonehenge. Le bois a disparu au fil du temps, mais son emplacement reste visible dans le sol.

Phil Harding, archéologue chez Wessex Archaeology et responsable du projet, indique que cette structure précède d’environ 500 ans les grands cercles de pierre qui ont rendu Stonehenge célèbre. Les chercheurs envisagent que ce monument simple et temporaire ait pu servir d’expérience avant la construction définitive.

Comment les poteaux suivaient-ils les solstices ?

D’après les analyses, les poteaux étaient disposés sur un axe lié au lever du Soleil lors du solstice d’été et à son coucher lors du solstice d’hiver. Phil Harding souligne que ces communautés ont su déterminer des points précis de l’horizon associés à ces événements astronomiques, un exploit qu’il qualifie de réalisation pionnière.

  • Les deux poteaux étaient distants d’environ 120 mètres.
  • Leur axe indiquait des positions liées aux solstices d’été et d’hiver.
  • La structure aurait été érigée environ 500 ans avant les célèbres pierres de Stonehenge.
  • Ces mêmes alignements solaires se retrouvent dans le monument de Stonehenge.

Cet alignement retient l’attention, car il laisse supposer une accumulation de connaissances sur le mouvement apparent du Soleil au fil de l’année. À une époque dépourvue d’instruments modernes, l’observation répétée de l’horizon et sa traduction dans une construction témoignent d’une planification, d’une mémoire collective et d’un lien profond entre le paysage, le passage du temps et les cérémonies.

Le site pouvait-il aussi accueillir des cérémonies ?

De précédentes fouilles dans la région ont mis au jour des fossés néolithiques renfermant des ossements d’animaux, de la céramique, du silex et du charbon. Les chercheurs voient dans une partie de ces traces les indices de grands rassemblements et de fêtes. Pour Matt Leivers, archéologue chez Wessex Archaeology, évoquer les solstices dans ce contexte revient aussi à parler de religion et de façons de mesurer le temps.

Selon Matt Leivers, des structures comme celle de Bulford, puis Stonehenge, auraient pu permettre de célébrer les cycles et de renforcer l’idée que le monde continuerait à fonctionner comme il le devait. Aucun reste humain n’a été découvert à Bulford, une différence notable avec Stonehenge, où des preuves de crémations ont contribué à étayer les interprétations funéraires.

Bulford peut-il vraiment être un prototype de Stonehenge ?

Cette hypothèse doit encore être examinée avec prudence et le rapport de l’équipe devra faire l’objet d’une évaluation par les pairs. Des spécialistes indépendants jugent néanmoins la possibilité intéressante. Susan Greaney, archéologue à l’université d’Exeter qui n’a pas pris part à l’étude, estime que la découverte confirme l’importance de ce paysage pour les populations préhistoriques.

L’archéologue indépendante Amanda Chadburn a elle aussi avancé que Bulford aurait pu faire office de modèle temporaire. Selon elle, avant de réaliser un ouvrage d’ingénierie aussi complexe que Stonehenge, il fallait comprendre comment le planifier. Les poteaux pourraient précisément correspondre à une phase préalable d’expérimentation et d’observation.

Que change cette découverte pour Stonehenge ?

Stonehenge a commencé à prendre forme il y a environ 5 000 ans, d’abord avec des structures en terre, tandis que ses pierres centrales ont été ajoutées plusieurs siècles plus tard. La découverte de Bulford laisse penser que l’intérêt pour les solstices et l’organisation rituelle de ce paysage pourrait précéder les constructions monumentales qui attirent aujourd’hui des visiteurs du monde entier.

Au-delà de la mise au jour de deux anciens trous dans le sol, cette recherche ouvre une fenêtre sur la manière dont les communautés néolithiques observaient le ciel et transformaient leurs connaissances en monuments. Les prochaines analyses méritent d’être suivies : des structures en apparence simples pourraient aider à comprendre la naissance de l’une des œuvres préhistoriques les plus énigmatiques de la planète.

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Clément Vial

Guide accompagnateur et passionné de sports de pleine nature, Clément Vial explore depuis plus de dix ans les sentiers, falaises et parcours aquatiques de l’Ouest lyonnais. Il partage son expertise de l’aventure autour de Lyon : randonnée, VTT, escalade, trail et découvertes familiales, avec une attention particulière à la sécurité et au respect des espaces naturels.

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